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BIOGRAPHIE//////////////////////////////////////////
1978 - Naissance de Donald Abad dans une grande ville.
1981 - partage sa semaine entre Paris et la plaine de Beauce.
1982 - regarde sa première bande dessinée « Les aventures de Tintin » (« l'île noire »).
1986 - voit « l'histoire sans fin » au cinéclub du centre d'animation Valeyre.
1990 - première randonnée pédestre de 7 jours en famille dans le parc régional de la Vanoise.
1997 - rentre à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Découvre le WWW et entreprend d'en faire le tour complet en lisant les pages de tous les sites francophones.
2000 - 15 jours de randonnée en duo pour achever le GR20 Corse dans sa totalité (variante alpine comprise).
2001 - diplôme de l'école nationale supérieure des arts décoratif de Paris.
2002 – post diplôme de l'école nationale supérieure des arts décoratif de Paris (Atelier de Recherches Interactives). Second séjour sur le GR20 Corse, partie nord dont le Cirque de la solitude, en groupe.
2003 - résidence artistique de 6 mois au Pays-Bas (plaine de Enschede), première exposition personnelle.
2005 - randonnée en duo dans les Alpes Japonaises du Sud. Échec au 2ème jour à cause de la saison des pluies.
2006 – tournages sur l'île d'Ikare (Grèce) et dans la chaine des Aravis (France) et exposition « Entre deux », en binôme à Paris. Découverte de Thimothy Treadwell via « Grizzly Man » de Werner Herzog.
2007 – Résidence artistique à Arcus Studio (Japon). Randonnée en duo dans les Alpes Japonaises du Sud. Malgré la saison des pluies, le parcours est bouclé en 6 jours, début du second chapitre de « l'affranchissement aventurier ».
2008 - 4ème séjour sur le GR20 Corse, partie nord. Échec à 2 jours de l'arrivée pour cause d'entorse et de gastro-entérite.
2009 – résidence à la Station Vastemonde, début du 4ème chapitre de l'affranchissement aventurier qui en compte 6 (dont 3 d'achevés à ce jour.).
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Mon travail s’axe aujourd'hui sur une dualité technologie/nature, deux notions fortes englobant les concepts des nouvelles technologies nomades (GPS, autonomie, temps réel/temps différé, nouveaux territoires de l’information et de la communication), mais également la performance (au sens artistique et sportif du terme) et le land-art.
Si j’en suis venu à ces zones de recherches et de confrontation, c’est que j’ai décidé, année après années de me radicaliser, d’oublier l’espace muséal et ne travailler plus que sur l’éphémère, l’immatériel et le sensible. C’est en quittant l’espace d’exposition classique que j’ai trouvé l’espace naturel comme cadre voire partenaire (et non pas simple décor) de mes actions. La Nature permet de se concentrer sur des cycles et rythmes essentiels, tel un écho à mes notions d’effort, d’énergie (vitale), et de déplacements. Surtout, cela me permet de retrouver un espace tangible, réel, vrai, « qui ne triche pas », et qui vient se placer au coeur même de projets liés au virtuel et à l’abstraction.
Conjuguer nouvelles technologies et espace naturel pourrait paraître saugrenu, mais bien au contraire, j’y vois une association forcée propice à de nombreuses idées scénaristiques et artistiques.
Réaliser des actions type « retour à la Nature », équipé de moyens technologiques, peut sembler absurde car voué dès le départ à l’échec. C’est justement les causes et les moyens de ces échecs, tout autant que l’espoir de la démarche initiale, qui m’intéressent.
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« Tentatives de l'échec »
L'essentiel de mes travaux sont souvent voués, dès le début, à une forme d'échec. Mais tel Roman Signer, je dirais que l'essentiel est porté par l'essai, la tentative. Même si c'est vain, voué à la perte (de temps, d'argent, de résultat « probant »), la beauté se situe dans l'acte de faire, d'agir, d'entreprendre, bref de tenter, coûte que coûte.
Dans une interview pour le catalogue d'exposition (« Jouable », aux Presses du Réel), j'expliquais comment mon dispositif interactif ne pouvait être battu que temporairement par le spectateur-acteur qui chaussait les gants. En effet, si celui-ci désirait combattre, il devait accepter certaines règles du jeu, liées notamment à l'informatique et à la programmation. Donc cela finissait toujours par une défaite, un échec. Mais j'induisais dans mon interview que la seule façon de gagner définitivement face à la machine était « d'aller latter d'ordinateur derrière le décor » ou du moins de débrancher la prise électrique !
A la suite, j'ai conçu de nombreux dispositifs spectaculaires qui mettent en scène le spectateur, et qui maintiennent cette idée de faux, d'illusion, voire de mise en situation d'échec du spectateur devenu acteur (« l'institut de beauté », « intravertie », « au fond », « Inside »).
Puis je suis venu à expérimenter moi-même cette situation, dans des séquences de performances vidéos, comme dans la série « Entre deux » conçue avec Cyriac Allard. Nous sautons, courrons, tirons, roulons, nous maintenons, nous nous suspendons, pour autant de chutes, glissades, chocs, heurts, blessures. Dès le départ des séquences, le spectateur constate que notre acte est vain, peut-être absurde, porté par une ambition (une prétention ?) mais voué à l'échec. Il ne vaut voir ces actes uniquement comme un défi empli de vanité humaine visant à défier la Nature et ses lois physiques, mais peut être comme des actes d'Hommes libres, cherchant à (se) dépasser, ne serait-ce que temporairement, leur condition de mortel. Pour se sentir vivre, enfin. Et peu importe l'échec final car le moment de suspension fut intense (Rise & Fall).
Mon travail actuel, la série des « affranchissements aventuriers » s'inscrit dans cette voie là, celle de la tentative. Dans ces cas-ci, je tente d'interfacer Nature et Technologie pour mieux parler de notre condition d'Homme déconnecté de nos racines naturelles. Mon dernier film « la tension de la dièdre » est lui aussi emprunt d'un échec cuisant car j'ai payé cher le prix du projet qui n'aboutira jamais : le chien, un des protagonistes du film, jaloux du cerf-volant (qui avait un câble, comme une laisse de chien), l'a détruit et a également marché sur le laptop, qui enregistrait la vidéo du vol depuis la caméra placée sur le cerf-volant. Donc j'ai perdu l'objet de mon film (le cerf-volant) mais aussi sa représentation (la vidéo). J'ai donc aussi expérimenté la notion de coût : combien es-tu prêt à « payer » pour ramener cette image ?
Combien de heurts, de coups, de chocs, d'accidents, de pertes, de nouvelles tentatives pour autant de nouveaux échecs es-tu prêt à endurer pour mener à bien ton action devant la caméra ?
Alors, est-ce que tout cela me donne le droit d'être catégoriser comme un Loser ?
Hé bien je ne le pense pas, ou alors un Loser sublime, magnifique, grand dans la tentative, ne pensant jamais à l'échec. Il n'est d'ailleurs pas vécu comme tel, car il est finalement presque associé dès le départ au projet lui-même. Il n'en est pas la fatalité, ni l'essence, il est une des composantes, avec laquelle il faudra jouer, repousser, surprendre même, pour mieux se sublimer soi-même voire attendre un bref moment d'extase.